village de moissey

le "tram" de moissey.

5 décembre 1901-31 décembre 1933

Anecdote de M. Bernard Grebot.

 

Et le tacot sifflait, sifflait!

Fallait-il, en ce temps-là, être titulaire du bac, ou avoir seulement un bagage de culture générale suffisant, pour répondre à pas mal de questions que nécessitait la "fonction de chef de gare"? Qu'importe! Il fallait au moins et tout simplement savoir, lire et écrire. En voici la preuve :

Un bon gars trapu, d'Offlanges, arrive en courant, à la gare de Moissey, martelant le sol empierré de ses sabots- bottes. Il ne voulait pas être en retard pour que le paquet qu'il tenait à bout de bras parte vite. Il faut signaler qu'à cette époque, seul, le tacot assurait le transit expéditions- arrivages, courrier, transport divers.

"Salut! Bonjour!" cria-t-il tout essoufflé, en entrant en trombe dans la salle de la gare où seul, le "chef" attendait déjà derrière son guichet le premier client.

Tiens, dit notre gars, en bouchant le guichet avec son volumineux paquet ceinturé d'une ficelle de lieuse toute barbue. (Les multiples noeuds auraient bien découragé celui qui aurait voulu mettre son nez dans l'envoi.)

Tiens, reprit-il, il faut m'envoyer c'paquet! Notre Louis Viénot, le chef de gare, décolle péniblement de son tabouret, et vient se saisir du paquet pour le placer sur la balance "Roberval".

Bon alors? Où faut-il t'envoyer ton colis?

-Ah oui! Notre client sort de sa poche un bout de papier journal sur le coin duquel est griffonné l'adresse.

-Tiens, vas-y dit-il, moi j'sais pas écrire,

La question appelait la réponse. Mitaine, alors d'une voix chevrotante, dont certains se souviennent peut-être, et avec un sourire narquois, répond tout simplement:

-Ben tu n's'rais pas chef de gare!


Voilà l'une des figures de nos chefs de gare dont on garde en mémoire de nombreux souvenirs et les services qu'ils ont rendus. A Moissey, c'était Louis Viénot qui avait succédé à M. Raget. A Montmirey-la-Ville, le chemin de fer vicinal ne passait pas très loin du café-épicerie-tabac. Aussi le tenancier du "buffet" M. Gourras faisait fonction de chef de gare. Puis il y eut Mme Gravelle Léontine, Mme Veuve Gourras et Virginie Houlet. A Montmirey-le-Château, on se souvient de Mesdames Jeanne Bernardet, Paris. A Dammartin à nouveau Mme Bernardet et M. Rieutor. En remontant sur Dole, la gare de Menotey était tenue par Mme Louise Barraux, celle de Rainans par Mmes Anita Verrier, Marie Geai et Léontine Guyenot. Ainsi, bon nombre de dames étaient employées comme chef de gare.


On a très peu de renseignements concernant la construction de la voie ferrée des Chemins de Fer Vicinaux. Mais beaucoup d'entre nous se rappellent que l'entretien de la voie occupait bien des ouvriers de chez nous : Messieurs Vernet de Marpain, Rieutor de Dammartin, Lanaud de Montmirey-le-Château, Bernardet, chef d'équipe, Paris, Lucien Nicolin, Aupy de Moissey, André Barraux, Bouton André et Joseph, Faivret, Durand Armand, Jacquinot Edgar de Menotey, Aristide Lormet de Rainans et combien d'autres qu'involontairement on oublie.

Mais je gage toutefois que bien peu d'anciens ont oublié l'impressionnant Métadieu, le contrôleur du tacot!"

Bernard Grebot, né à Moissey en 1923.

moissey.com

articles de Bernard Grebot

1. Une anecdote sur le Tacot

2. Une famille de coiffeurs

3. La conquête du Mont Blanc

4. Autour de la libération de Moissey, 1944

moissey.com

revoir la fontaine