Marinette Lasnier, est née le 2 mai
1906, à Moissey,
Je [Marinette Lasnier] suis née à
Moissey le 2 mai 1906,
et mon frère Jean Albert est né à
Moissey en Janvier 1905.
Filiation.
Mon trisaïeul, Jean-François Bournot,
demeurant à La Loye, était couvreur à
paille, il savait écrire. Sa fille, mon
arrière-grand-mère Victoire Bournot habitait
à La Loye, dans la famille des héritiers
Secrétan.
Mon grand-père, Charles Bournot, est né
au mois de novembre 1853 dans cette famille, mais il ne fut
pas reconnu, porta le nom de sa mère; son
père, paraît-il, était un personnage
important et sa mère ne révéla pas son
nom. Toutefois, ma mère put apprendre par le Docteur
Sullero de Dole des choses intéressantes sur la
filiation de mon grand-père. Les origines dateraient
de 1800 ou 1802 où la grand-mère de Charles
Bournot fut préceptrice à la Cour de Russie,
eut un fils
qui serait le père de mon
grand-père, enfin, mon frère et moi
étions typés, ainsi que nos enfants.
Charles Bournot vint habiter Rochefort-sur-Nenon, il
épousa ma grand-mère, Elisabeth Huguenet; de
tailleur de pierre, il devint maître-carrier.
Garde-pêche de la famille Marcel Perron de Dole (Vins
en gros), il exploita donc les carrières de
Rochefort, sur le Doubs. Ma grand-mère eut dix-huit
enfants, dix seulement vécurent. Ma mère Julie
Anna devint sage-femme, elle était
l'aînée. Ma grand-mère acheta un petit
commerce qui fut baptisé "La Baraque", situé
sur les bords du Doubs après le Saut de la Pucelle,
et chaque dimanche, elle cuisinait d'excellentes
spécialités de tout un mélange de
variétés de poissons du Doubs; en fait, ces
succulents mets étaient réservés
à Marcel Perron de Dole. Mon grand-père
plaçait des verveux dans le Doubs.
J'en reviens à ma naissance.
Je fus baptisée Marie Elisabeth, mais ma maman
m'a toujours appelée "Marinette".
Ma mère.
Ma mère est née en 1876 à
Rochefort, fit ses études de sage-femme où
elle fut reçue à 19 ans, lauréate et
sage-femme de 1ère classe à Besançon,
et elle vint s'installer à Moissey, à la Rue
Basse, où elle loua la totalité d'un vieux
couvent avec dépendances et jardin; elle vivait
là avec sa sur Léonie, qui épousa
Jean Derriey de Moissey. Plus tard, le Docteur Simeray fit
l'acquisition de cette propriété (le vieux
couvent).
Maman était le dévouement
personnifié. Pendant 31 ans d'exercice de sa
profession, elle n'a pas perdu une patiente. La plupart du
temps, elle se rendait à pied, nuit et jour, dans
tous les pays environnants que je vais citer. J'entends
encore les petits coups frappés aux volets, la nuit,
on venait la chercher la nuit, Peintre, Pointre, Frasne,
Offlanges, Montmirey-la-Ville, Montmirey-le-Château et
j'en passe. Dès les premières douleurs, les
femmes la réclamaient, elles avaient peur, maman leur
parlait en patois local, surtout chez les cultivatrices,
certaines patientes étaient visitées trois
fois par jour, les bébés suivis jusqu'à
la chute du cordon ombilical. Maman partait par tous les
temps, la nuit, le jour, aucun honoraire n'était
perçu chez les plus démunies -et il y en
avait-.
La Thasie Pitot-Belin eut 30 grossesses. Madame
Maître à qui nous donnions une vieille maison
Rue Belle Orange fut une mère prolifique (la maison
Rue Belle Orange fut vendue au maçon Jean Zocchetti)
et maman continuait sans relâche.
A l'époque, il n'y avait pas d'antibiotiques
et peu d'antiseptiques. Mais les abcès du sein
étaient traités par des cataplasmes de fleurs
de sureau. Les risques de phlébite par les sangsues
(chez ma tante Robert Yves, il y en avait des
quantités dans le ruisseau séparant les parcs
à fruits.) enfin je ne veux pas m'étendre sur
les anciens traitements
et ne dois pas trahir le
Serment d'Hippocrate.
Au début du siècle, les femmes
accouchaient chez elles. Pour changer les nouveaux
nés, il n'y avait pas de couches, on coupait des
carrés de toile dans les draps et l'on confectionnait
des drapeaux, je dois dire que ma mère a souvent
coupé nos draps pour en ourler, dans certaine
famille, on déposait bébé dans de la
balle d'avoine.
Mon père.
La filiation de mon père Jean, Louis, Albert
Lasnier.
Renseignements écrits par Mr Athias,
secrétaire de mairie de Mutigney-Chassey
(Jura).
On retrouve dans les registres de l'état civil
la filiation des ancêtres.
En ce qui concerne mon père,
avant 1815 : Jean-François Lasnier,
cultivateur.
1815. Jean-François Lasnier
à
suivre...
moissey, le jeudi 4 juillet 1996.
|