village de moissey

monographie de moissey

de Edmond Guinchard (1913).

1. Idée d'ensemble de la commune pages 7 à 12.

dactylographie de Marie-Noëlle Cognonatto

village de moissey

 

monographie

 

I

 

Etymologie

Les opinions les plus diverses ont été émises au sujet de l'origine du nom de Moissey.

Marquiset, dans sa statistique historique de l'arrondissement de Dole, dit que cette commune tire son nom des mots celtiques moes, prairies, et gay, en composition gey, bois.

Désiré Monnier, dans son annuaire du Jura de 1856, après avoir constaté la présence des Sarrasins ou Arabes en Gaule, de 712 à 732, prétend que le nom latin de Moissiacum, dont il est fait mention dans les anciens titres, se rapproche beaucoup de celui de Moissac (Tarn-et-Garonne) et des mmots Moïsia ou Mousa (nom d'un scheik arabe) d'où dérivent plusieurs noms d'autres communes d'Aquitaine, de Bourgogne et de Franche-Comté.

Le même auteur semble, d'autre part, attibuer une origine gauloise au nom de Moissey, en parlant de la grotte de l'Ermitage dont il sera question au cours de cet ouvrage, puis il note la découverte sur le sol de Moisssey d'une médaille de la Grande Grèce, au type syracusain.

Enfin, Roussel et Monnier sont unanimes à enregistrer une autre découverte : un médaillon en étain fin, frappé de la figure de Livia Drusillia, femme de l'empereur Auguste, - seul vestige de la fréquentation romaine. Rousset donne en outre la forme Mossey, sans explication.

Nous n'avons pu vérifier ces affirmations plus ou moins contradictoires et par conséquent établir d'une façon sûre la véritable forme du nom du village.

 

Origine du village

Moissey, une des plus peuplées des communes du canton, serait, paraît-il, l'une des plus anciennes.

La tradition fait remonter son origine à l'exploitation des carrières de meules dans la forêt de la Serre, vers le milieu du IXe siècle. Les ouvriers employés à travail auraient fixé leurs demeures autour de la Grande Fontaine d'aujourd'hui dont la source existait déjà et se voit encore en avant de la porte principale du Château, sur le bord même de la route. On remarque aussi une autre source plus à gauche, contre le mur de la propriété de Mme Besson.

Le roi d'alors, - probablement Charles le Chauve, - donna pour chef à cette petite colonie un brave militaire dont il voulait récompenser les services et lui abandonna en toute appatenance le sol entièrement couvert de bois qui forme actuellement le territoire de Moissey. Ce fut le premier seigneur de cette terre ; on ignore son nom. Par la suite, ses successeurs, pour attirer un plus grand nombre de colons, concédèrent gratuitement aux nouveaux arrivants des portions de terrain pour les mettre en culture, avec la permission de couper du bois dans la forêt moyennant redevance.

Toutefois, le premier titre connu dans lequel le village se trouve mentionné date de l'an 1150 et, à cette date, il est prouvé que Moissey comptait déjà 35 feux ou ménages. (D'après Marquiset.)

Les vieillards du pays ont entendu parler des trente colons de Moissey.

 

Limites et lieuxdits

Le territoire est borné par les communes suivantes : Au nord, Montmirey-la-Ville et Montmirey-le-Château ; à l'est, Offlanges ; au sud, Amange, Châtenois, Archelange et Gredisans ; à l'ouest, Menotey et Frasne.

Les limites du territoire de Moissey avec les communes de Menotey, Gredisans, Archelange, Châtenois et Amange sont situées à la forêt de la Serre. Un procès-verbal de bornage, commencé le 10 septembre et clos le 27 du même mois, de l'année 1539, établit d'une façon très précise la ligne séparative entre Moissey, d'une part, Menotey et Gredisans de l'autre. Neuf experts furent nommés pour cette opération ; les échevins des trois communes se joignirent à eux, ainsi que " honorable homme Claude Vaugeant, procureur de noble seigneur Messire Hugues Marmier, chevalier, seigneur de Moissey, et Maître Claude Roubel, procureur général en la gruërie du comté de Bourgongne, honorable homme ". Ce bornage fut une opération éclatante qui mit en mouvement tout le voisinage et excita l'attention de tous ceux qui croyaient avoir à réclamer des droits sur la forêt de la Serre ; les experts plantèrent onze bornes qui déterminèrent la séparation " entre lesdits bois de la Serre de Moissey d'une part et lesdits bois de la Serre de Menotey et Gredisans d'autre part. " La pose de chaque borne est mentionnée ainsi qu'il suit, pour la huitième par exemple :

" La 8e bosne a été mise et plantée au pied d'un vieux chasne verd écoulené marqué d'ancienneté à une vieille marque marquée en manière de fossé et de frais marquée à une croix droitte regardant devers soleil couchant à la prochaine bosne cy devant écrite d'une part. et devers soleil levant à la Bosne cy après écrite d'autre part. " Toutes les bornes sont plantées " au pied d'un chasne verd " ou " au pied d'un gros pied de solz verd. "

Les habitants de Moissey invoquèrent plus tard ce titre de délimitation terrritoriale à l'appui de leurs droits de propriétaires dans le long procès qu'ils eurent à soutenir contre le seigneur Chappuis. Il en sera parlé au chapitre V.

Conformément au décret de l'Assemblée Nationale des 22 et 23 novembre 1790, les officiers municipaux et notables de la commune, réunis le 14 février 1791, divisèrent le territoire en 4 sections connues sous les noms de sections : de Versailles, du Mont-de-Roche, du Mont Guérin et des Bois communaux. Les lieuxdits composant chaque section furent indiqués d'une manière précise ainsi que les communes limitrophes.

Le cadastre fut exécuté en 1824 et la superficie territoriale divisée en 3 sections seulement : section A, dite du Village ; section B, dite de Chatillon et section C, dite des Roches ; en tout 4.006 parcelles possédées alors par 323 propriétaires dont 94 forains, avec une surface imposable de 1.054 hectares environ.

Nous ne nous attarderons pas à faire l'énumération exacte et complète de tous les lieuxdits du territoire. Nous nous contenterons de citer ceux qui rappellent :

Des bois défrichés : A la Charme, au Bois Claude des Champs, aux Ruppes, aux Vieilles Ruppes, à Blanc Saule, à Beauvernois, à l'Essart Jean Fèvre, à l'Essertot, (de essarter, qui signifie défricher un sol couvert de bois et de broussailles en les arrachant), au Chêne, à la Forêt, à Château vert, aux Vernes, aux Louvières, aux Linières, etc.

La nature du sol : A Champ Rouge, aux Craies, au Jonc, aux Roches, aux Meulières.

Leur situation et les lieux avoisinants : Pré d'Amont, Près du Village, Près du Chemin de la Serre, au Château, Derrière la Tannerie, Sous Château, Mont-Guérin, au Bas des Craies, au Creux de Melay, au Pré des Vaux, au Puits Baudry, au Champ du Moulin, à Château-Neuf, à la Tuilerie, à la Queue de l'Etang, aux Gorges, à la Combe.

Des noms de possesseurs : Au Poirier Picard, à la Dame, à la Planche Aubert, à l'Essart Jean fèvre, à la Baronne.

L'existence d'arbres fruitiers ou autres : Sous les Noyers, au Pommier, au Poirier Picard, à l'Orbépine, au Châtaignier, à la Cerise.

La forme des parcelles : Aux Courbes Pièces, aux Champs Courbes.

Une culture onéreuse : A Vide-Bourse.

Un événement sinistre : La Croix de la Mort.

 

Superficie Population

Notons pour l'instant que la superficie totale du territoire est de 1.067 hect. 95 et la population actuelle de la commune de 516 habitants, soit 48 habitants par kilomètre carré.

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