village de
moissey
monographie
I
Etymologie
Les opinions les plus diverses ont
été émises au sujet de l'origine du nom
de Moissey.
Marquiset, dans sa statistique
historique de l'arrondissement de Dole, dit que cette
commune tire son nom des mots celtiques moes, prairies, et
gay, en composition gey, bois.
Désiré Monnier, dans
son annuaire du Jura de 1856, après avoir
constaté la présence des Sarrasins ou Arabes
en Gaule, de 712 à 732, prétend que le nom
latin de Moissiacum, dont il est fait mention dans les
anciens titres, se rapproche beaucoup de celui de Moissac
(Tarn-et-Garonne) et des mmots Moïsia ou Mousa (nom
d'un scheik arabe) d'où dérivent plusieurs
noms d'autres communes d'Aquitaine, de Bourgogne et de
Franche-Comté.
Le même auteur semble,
d'autre part, attibuer une origine gauloise au nom de
Moissey, en parlant de la grotte de l'Ermitage dont il sera
question au cours de cet ouvrage, puis il note la
découverte sur le sol de Moisssey d'une
médaille de la Grande Grèce, au type
syracusain.
Enfin, Roussel et Monnier sont
unanimes à enregistrer une autre découverte :
un médaillon en étain fin, frappé de la
figure de Livia Drusillia, femme de l'empereur Auguste, -
seul vestige de la fréquentation romaine. Rousset
donne en outre la forme Mossey, sans explication.
Nous n'avons pu vérifier
ces affirmations plus ou moins contradictoires et par
conséquent établir d'une façon
sûre la véritable forme du nom du
village.
Origine du
village
Moissey, une des plus
peuplées des communes du canton, serait,
paraît-il, l'une des plus anciennes.
La tradition fait remonter son
origine à l'exploitation des carrières de
meules dans la forêt de la Serre, vers le milieu du
IXe siècle. Les ouvriers employés à
travail auraient fixé leurs demeures autour de la
Grande Fontaine d'aujourd'hui dont la source existait
déjà et se voit encore en avant de la porte
principale du Château, sur le bord même de la
route. On remarque aussi une autre source plus à
gauche, contre le mur de la propriété de Mme
Besson.
Le roi d'alors, - probablement
Charles le Chauve, - donna pour chef à cette petite
colonie un brave militaire dont il voulait
récompenser les services et lui abandonna en toute
appatenance le sol entièrement couvert de bois qui
forme actuellement le territoire de Moissey. Ce fut le
premier seigneur de cette terre ; on ignore son nom. Par la
suite, ses successeurs, pour attirer un plus grand nombre de
colons, concédèrent gratuitement aux nouveaux
arrivants des portions de terrain pour les mettre en
culture, avec la permission de couper du bois dans la
forêt moyennant redevance.
Toutefois, le premier titre connu
dans lequel le village se trouve mentionné date de
l'an 1150 et, à cette date, il est prouvé que
Moissey comptait déjà 35 feux ou
ménages. (D'après Marquiset.)
Les vieillards du pays ont entendu
parler des trente colons de Moissey.
Limites et
lieuxdits
Le territoire est borné par
les communes suivantes : Au nord, Montmirey-la-Ville et
Montmirey-le-Château ; à l'est, Offlanges ; au
sud, Amange, Châtenois, Archelange et Gredisans ;
à l'ouest, Menotey et Frasne.
Les limites du territoire de
Moissey avec les communes de Menotey, Gredisans, Archelange,
Châtenois et Amange sont situées à la
forêt de la Serre. Un procès-verbal de bornage,
commencé le 10 septembre et clos le 27 du même
mois, de l'année 1539, établit d'une
façon très précise la ligne
séparative entre Moissey, d'une part, Menotey et
Gredisans de l'autre. Neuf experts furent nommés pour
cette opération ; les échevins des trois
communes se joignirent à eux, ainsi que " honorable
homme Claude Vaugeant, procureur de noble seigneur Messire
Hugues Marmier, chevalier, seigneur de Moissey, et
Maître Claude Roubel, procureur général
en la gruërie du comté de Bourgongne, honorable
homme ". Ce bornage fut une opération
éclatante qui mit en mouvement tout le voisinage et
excita l'attention de tous ceux qui croyaient avoir à
réclamer des droits sur la forêt de la Serre ;
les experts plantèrent onze bornes qui
déterminèrent la séparation " entre
lesdits bois de la Serre de Moissey d'une part et lesdits
bois de la Serre de Menotey et Gredisans d'autre part. " La
pose de chaque borne est mentionnée ainsi qu'il suit,
pour la huitième par exemple :
" La 8e bosne a été
mise et plantée au pied d'un vieux chasne verd
écoulené marqué d'ancienneté
à une vieille marque marquée en manière
de fossé et de frais marquée à une
croix droitte regardant devers soleil couchant à la
prochaine bosne cy devant écrite d'une part. et
devers soleil levant à la Bosne cy après
écrite d'autre part. " Toutes les bornes sont
plantées " au pied d'un chasne verd " ou " au pied
d'un gros pied de solz verd. "
Les habitants de Moissey
invoquèrent plus tard ce titre de délimitation
terrritoriale à l'appui de leurs droits de
propriétaires dans le long procès qu'ils
eurent à soutenir contre le seigneur Chappuis. Il en
sera parlé au chapitre V.
Conformément au
décret de l'Assemblée Nationale des 22 et 23
novembre 1790, les officiers municipaux et notables de la
commune, réunis le 14 février 1791,
divisèrent le territoire en 4 sections connues sous
les noms de sections : de Versailles, du Mont-de-Roche, du
Mont Guérin et des Bois communaux. Les lieuxdits
composant chaque section furent indiqués d'une
manière précise ainsi que les communes
limitrophes.
Le cadastre fut
exécuté en 1824 et la superficie territoriale
divisée en 3 sections seulement : section A, dite du
Village ; section B, dite de Chatillon et section C, dite
des Roches ; en tout 4.006 parcelles possédées
alors par 323 propriétaires dont 94 forains, avec une
surface imposable de 1.054 hectares environ.
Nous ne nous attarderons pas
à faire l'énumération exacte et
complète de tous les lieuxdits du territoire. Nous
nous contenterons de citer ceux qui rappellent :
Des bois défrichés :
A la Charme, au Bois Claude des Champs, aux Ruppes, aux
Vieilles Ruppes, à Blanc Saule, à Beauvernois,
à l'Essart Jean Fèvre, à l'Essertot,
(de essarter, qui signifie défricher un sol couvert
de bois et de broussailles en les arrachant), au
Chêne, à la Forêt, à Château
vert, aux Vernes, aux Louvières, aux Linières,
etc.
La nature du sol : A Champ Rouge,
aux Craies, au Jonc, aux Roches, aux Meulières.
Leur situation et les lieux
avoisinants : Pré d'Amont, Près du Village,
Près du Chemin de la Serre, au Château,
Derrière la Tannerie, Sous Château,
Mont-Guérin, au Bas des Craies, au Creux de Melay, au
Pré des Vaux, au Puits Baudry, au Champ du Moulin,
à Château-Neuf, à la Tuilerie, à
la Queue de l'Etang, aux Gorges, à la Combe.
Des noms de possesseurs : Au
Poirier Picard, à la Dame, à la Planche
Aubert, à l'Essart Jean fèvre, à la
Baronne.
L'existence d'arbres fruitiers ou
autres : Sous les Noyers, au Pommier, au Poirier Picard,
à l'Orbépine, au Châtaignier, à
la Cerise.
La forme des parcelles : Aux
Courbes Pièces, aux Champs Courbes.
Une culture onéreuse : A
Vide-Bourse.
Un événement
sinistre : La Croix de la Mort.
Superficie
Population
Notons pour l'instant que la
superficie totale du territoire est de 1.067 hect. 95 et la
population actuelle de la commune de 516 habitants, soit 48
habitants par kilomètre carré.
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