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journal tuilier: en vitesse de
croisière
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mercredi
19 juillet 2006, images de Isabelle
Perrin.
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en vitesse de
croisière
Le soleil accable
maintenant toute l'Europe et nos preux
archéologues ne peuvent guère
jouir du privilège d' être les
seuls accablés par la chaleur. On peut
dire qu'ils font preuve de courage,
d'abnégation et de souci de la victoire,
car bien qu'ils aient parfois des gestes un peu
ralentis, aucun ne rechigne et aucun ne
débat ni du climat, ni des guerres, ni de
l'intérêt d'exhumer des morceaux de
tuile.
Il faut dire que tout
est optimal ici. Le site est, maintenant, depuis
le passage du Génie Civil Local, clair et
lisible, on comprend maintenant là
où on est, on peut comparer avec cartes
et photos, tout le monde s'y retrouve,
même ceux qui viennent ici pour la
première fois. L'emplacement des
bungalows d'étude est
dégagé, et le quai à niveau
de la route est achevé. Seulement,
attention, cette aire reste interdite au public:
trop de dangers s'y dissimulent.
Non seulement ce champ
est limpide, mais encore la petite troupe
travaille dans une sérénité
qui pourrait faire envie à bien du monde.
Nos archéologues en formation
après avoir acquis la vue, viennent
maintenant de s'approprier la parole, et la
retenue générale du début
de séjour n'est plus. Chacun
ramène sa science, interroge, le
maître répond, développe,
creuse... on se croirait dans une classe de mer
sans la mer, ou une classe de montagne sans la
montagne. Une classe archéologique,
à miche-main entre l'amphi de
l'école du Louvre et la colonie de
vacances. Le cheffouilles déploie de
multiples talents, il ne s'en tient pas au
grattage du sol, mais il accompagne ses
collaborateurs de a à zed.
Aujourd'hui, on a
laissé en repos l'aire dallée du
bout du champ pour consacrer toutes les armes
sur le four 7 et son alentour. Aujourd'hui, on
travaille à la balayette et à la
petite cuillère et les découvertes
ont été nombreuses, bris de
tuiles, culs de pots, signés ou
pas.
Camille et Marion ont
découvert une belle tegula toute neuve,
en plusieurs morceaux, qu'il va falloir exhumer
entièrement bientôt. Cette tegula
est tout à fait fondée à
être appelée Camille-et-Marion.
Tout comme Rivoire-et-Carrey qui avaient
découvert la première nouille les
deux en même temps.
L'après-midi de
ce mercure-di a été
consacré à de l'activité
excentréee, avec ceux des
stagiaires-bébévoles les plus
résistants, car certains ont dû
prolonger leur sieste post-prandiale. Ainsi le
chef (c'est à cela qu'on reconnaît
le chef) a pris une mesure de salut public et
local, en remplaçant la session de 16 h
par des travaux en paisibilité: lavage et
séchage de débris "marqués"
avec les doigts, ils disent ici,
"digités".
Camille s'en
va.
Le long de cette
journée a été empreint du
départ de Camille, qui quitte le chantier
ce soir, pour rejoindre l'ADMR, comme job
d'été, à laquelle elle
s'était inscrite il y a longtemps (elle
est depuis juillet bachelière-compta).
Nous lui avons pris un petit mot ce matin, une
petite interviouille à
l'ombre:
"Je ne
savais pas exactement ce qu'on attendrait de
moi, mais j'ai eu envie d'entrer dans ce
projet. Je n'ai pas été
déçue par le désherbage
du premier chantier, car je savais qu'en
archéo, il fallait savoir tout faire.
C'est vrai que le climat est plutôt
rude, mais personne ne baisse les
bras.
Notre chef de
fouilles a beaucoup de soin à notre
égard, il cherche vraiement à
tout nous expliquer. Les relations à
l'intérieur du groupe sont très
amicales, le gîte et le couvert, c'est
tout comme il faut.
Si
éventuellement je reviendrais ?
Naturellement Oui, c'est une
expérience à la fois
agréable et enrichissante. Le fait
d'être un nombre réduit (six)
est une excellente chose, même si
ça a déçu le chef,
ça nous a permis d'avoir un
fonctionnement familial. Que peut-on vouloir
de plus ?"
Le soir de ce
mercredi, Camille envisageait de faire
goûter au groupe une préparation
culinaire de sa façon, qu'elle a
appelée gratin dauphinois. Nous saurons
demain le nombre des
rescapés...
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Erell dégage autour du four 7. On est
maintenant dans le travail de précision.
image©Isabelle Perrin 2006
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les découvertes du jour, les
premières. image©Isabelle Perrin
2006
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un sympathisant à la cause
archéologique, croyant mais pas pratiquant,
conduit la balayette, d'une seule main.
image©Isabelle Perrin 2006
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la tegula Camille-et-Marion, avant exhumation.
image©Isabelle Perrin 2006
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Camille rappelle la règle.
image©Isabelle Perrin 2006
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un joli cu-de-bol (fragment). image©Isabelle
Perrin 2006
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la hantise de Camille, à l'arrivée
de visiteurs, était qu'elle fut
photographiée sans être au travail.
(Ça a été impossible de la
surprendre en roue libre). De dos, Delphine,
stoïque sous le soleil. image©Isabelle
Perrin 2006
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Après un comportement de bienvenue
adressé à la tuile, Marion fignole la
découverte. Plus loin, Aymeric, qui est
assurément plus grand que sa pelle.
image©Isabelle Perrin 2006
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