Marinette Miroudot, est née le 10 avril 1912,
à Moissey,
de Joseph Miroudot, garde forestier et de Marie Gelin,
tous deux de Moissey. Elle a vu le jour dans la maison
occupée (AB 167) par Marthe Schorsch et le
Pépé Bouboule, dans la Rue Haute. La
sage-femme était Madame Julie Lasnier, épouse
de M. Lasnier qui ont été propriétaires
du Château de Moissey (AB 270) avec leurs enfants
(Albert et Marinette).
Après quelques années passées
à Chevigny puis à Offlanges, elle revient
à Moissey dans l'école des grands (AB 191)
sous la houlette du maître Edmond Guinchard. A douze
ans, elle passe son certificat d'études et elle se
consacre aux travaux de la maison, tâches
ménagères et agricoles.
Ils sont dans la maison Bontemps (AB 402), route des
Carrières, puis achètent la maison où
vivra Jeanne Barbier née Miroudot, sa soeur, (AB
171), dans la Rue Haute.
Son adolescence est laborieuse, affectée aux
soins des vaches. Bien que bonne élève, elle
ne peut pas continuer ses études, ce qui à
cette époque coûterait trop cher à la
famille. Sa vie de jeune fille est entrecoupée par
les dimanches de promenade :
"Tous les dimanches, on allait voir le chef de Gare,
Monsieur Viénot, l'après-midi, avec les
copines. Il était très sympathique. On allait
surtout au passage du Tacot l'après-midi et au retour
de celui du soir. La gare (AB 46), c'était un point
de repère, il y avait de l'animation, on y
rencontrait des gens.
Le Tacot, nous le prenions souvent avec ma
mère, pour aller faire des achats à Dole, deux
ou trois fois par an, guère plus, quand nous avions
besoin de chaussures, de chapeau, ou pour acheter du tissu
pour faire des chemises.
Sinon, on se promenait encore bien sur la route
d'Auxonne ou celle de Dole, c'était calme, il n'y
avait pas de voitures".
A 19 ans, Marinette rencontre, -si on peut dire, car ils
se connaissent depuis longtemps- celui qui deviendra son
époux en 1931, Marcel Thomas, résident et
même natif (en 1909) de Château Neuf.
Ils se marient un soir de mai 1931, devant le maire de
l'époque, Ernest Odille, et le curé de
Moissey, l'abbé Léonide Richard.
Elle et son mari s'installent donc à
Château Neuf (ZD 138) où elle s'occupe de la
maison et des enfants, deux garçons et deux
filles :
- Roland, né le 10
Août 1936,
- Georges, né le 8 septembre 1937,
- Jacqueline, née le 12 février
1943, et
- Eliane, née le 13 novembre 1945.
Tous les quatre sont nés avec les bons soins de
Madame Vital, sage-femme à Auxonne.
"A Château Neuf, nous avons dû refaire un
morceau du toit dans l'écurie, là où
nous tenions 2 chevaux et 7 ou 8 vaches. On vivait de la
culture, de l'élevage, de nos poules, nos lapins. Il
y avait aussi les vendanges.
Jeune mariée, il a fallu que je me mette
à la lessive. Nous allions, avec quelques autres
jusqu'au lavoir des Gorges. Ça faisait loin, c'est
sûr, mais le plus dur, c'est quand il fallait remonter
la lessive mouillée dans la brouette. Je me rappelle
bien que sur le chemin du lavoir, enfin à
côté, il y avait encore les rails et les
traverses de l'embranchement du Tacot qui s'enfonçait
dans les Gorges.
A la maison, nous avions un puits, et plus tard,
Marcel a installé une pompe actionnée par un
groupe électrogène pour amener l'eau à
la cuisine.
J'entendais ma belle-mère (Céline
Thomas, née Eramindi) parler de la Tuilerie voisine,
la Tuilerie Bouveret. Elle avait connu Monsieur Bouveret.
Mais quand je suis arrivée à Château
Neuf, il n'y avait plus de tuilerie, c'était la ferme
de chez Sigonney.
Au village, il y avait deux boulangeries, celle des
Bordiaux (AB 186) et celle des Jacquinot (AB 118), les
parents de Colette. Il y avait aussi la boucherie Tomczyk
(AB 181), les parents d'Yvonne et en face, le boucher
Philibon.
Près de la gendarmerie (AB 94), il y avait
l'épicerie de Sandrine Besson, qui est devenue celle
de Mme Briet et enfin, les Économiques dans les
années 1950-1960, avec chez Cart, puis chez Jallon
(AB 400).
Au coin de la fontaine de la République,
c'était l'épicerie Thomas, que Delphine tenait
avec sa belle-mère (AB 122)".
Les moulins.
"Aucun ne marchait plus de mon temps. Il y avait
celui des Gorges (AB 324), où habite Lucien Thomas,
celui de Madame Aubert (AB 9), devenu vers 1975
station-service et garage, et celui de Frasne, occupé
par la famille Mielle".
Les
sablières.
"J'en ai entendu parler de deux, celle du Bois
Matherot (AC 45), au bord de la route et l'autre, celle du
Bois de Moissey, qui est près de l'Ermitage. J'ai
entendu dire les hommes que le sable du Bois de Moissey
était meilleur que l'autre. Ils le convoyaient avec
des chevaux".
La grande
guerre.
"Tout ce qui me revient de la
guerre, j'étais petite, c'est le 11 novembre 1918,
quand ils ont signé l'armistice. Là on a fait
la fête, les cloches ont sonné, tout le monde
était content".
L'autre
guerre.
"Marcel a été
mobilisé en septembre 39 et il est revenu en
Août 1940. Entre-temps, en juin 40, nous avons eu une
belle peur et nous avons tous quitté le village,
c'est quand on a appris que les Allemands arrivaient. On a
atterri en Haute-Loire, près de Saint-Cyprien, dans
une maison inoccupée. Nous étions toute une
tribu, embarqués avec les camion et auto
d'Aymé et Gaston Thomas. Il y avait la Didine et sa
fille, Marcelle et la sienne, l'Anna Désandes et sa
fille, Marcel et Suzanne Barbier et leurs enfants, Rolande
et Robert, Gaston et Yvonne Thomas et leurs enfants,
Paulette, Michel et Albert, Aymé et Delphine Thomas
et leurs enfants, Madeleine, René et Lulu, et moi,
avec Roland et Georges.
Nous sommes partis environ deux
semaines. C'étaient ceux qui sont restés qui
s'occupaient des bêtes, nos voisins à
Château Neuf, les Annovazzi et leur gendre et fille,
les Tirloni (ZD 110).
Puis on a appris qu'on pouvait
rentrer.
Durant la guerre, nous n'avons
pas eu de problèmes particuliers, ni avec les uns, ni
avec les autres".
Marinette est veuve de Marcel depuis le 28
février 1965 et elle vit dans une petite maison (AB
74), derrière la boulangerie de la Grande
Fontaine.
Quand on lui demande ce qui a marqué son
siècle, elle répond sans hésiter, la
machine à laver.
Son ami d'enfance, Jean Durafort, qui vit près
d'elle depuis 14 années, et, présent à
l'entretien, lui, pense que c'est le tracteur qui a
révolutionné la vie.
propos recueillis par
Christel Poirrier, à moissey, le mardi 2 juillet
1996.
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