l'histoire de
Gisèle Raposo (1941)
Gisèle Raposo est
née le 18 septembre 1941, à Moissey, dans la
maison qu'occupait sa famille de 1952 à 1961, dite
maison Petiot "AB 173". Elle a suivi la classe dans la
petite école (AB 436) avec Madame Germaine Guillaume,
qui habitait au-dessus, puis chez M. Henri Lépeule
dans l'immeuble de mairie, immeuble Joubert (AB 191), partie
sud du rez-de-chaussée, jusqu'à son Certificat
d'Etudes Primaire. Comme c'est une bonne
élève, elle continue à l'Ecole
Nationale Professionnelle de Poligny, pour y préparer
le diplôme de "puéricultrice-jardinière
d'enfants" de 1954 à 1956. Sortie de l'ENP en 1959,
elle travaille d'abord aux Glycines à
Lons-le-Saunier, puis, l'année suivante, dans la
section maternelle du Préventorium de Chavagnac-La
Fayette, en Haute-Loire. En même temps, elle suit un
cycle d'études médicales au Puy-en-Velay. De
1960 à 61, elle est "marraine de guerre" d'un
militaire sous les drapeaux en Algérie. En octobre
1961, elle entre à la Sécurité Sociale.
Le 12 septembre 1964, elle épouse, à Houilles,
son "filleul de guerre", Serge Pangrazzi, né en 1937
dans la région parisienne, qui travaille comme
ajusteur en usine, puis deviendra "taxi parisien" pendant 36
ans. Ils s'établissent à Maisons-Alfort
jusqu'en 1968, puis choisiront Houilles (78
800).
Le 17 juin 1970, il leur viendra
un garçon, Christophe. Gisèle se retire de la
Sécurité Sociale après 38 années
de Service Médical dans cette institution, avec le
grade de Cadre Administratif et Responsable de la formation
professionnelle.
Aujourd'hui, Gisèle et son
mari vivent leur retraite à Houilles, où ils
agissent dans des associations caritatives et ils ne
reviennent à Moissey que trois ou quatre fois par
an.
Mon père
José Raposo.
C'était un homme
discret, qui ne se vantait jamais, gentil,
sévère et droit. Il était très
estimé dans son travail. C'est surtout comme carrier
que je l'ai connu. Il est tombé un jour dans un
concasseur, on a failli ne jamais plus le revoir. A la suite
de ça, son patron l'a affecté à un
travail moins dangereux. C'est lui qui a fait venir les
époux Barata en France, et avec ma mère, c'est
nous qui les avons accueillis, ils venaient de la même
région du Nord-Portugal, Ourondo, près de
Coïmbre.
Pendant la guerre, c'est
souvent qu'on ne savait pas où il était.
Plusieurs fois les Allemands ont demandé à ma
mère où il était, mais personne ne
savait rien. Il lui arrivait de disparaître deux ou
trois jours. Mais ma mère, elle avait son
idée. Il faut dire que les hommes qui étaient
au village pendant cette période, ils étaient
plus ou moins proches de la résistance, bien
sûr.
Plus tard, vers 1952 ou 1953,
mon frère Gérard et moi montions le voir
à la carrière, la nuit, il inspectait le
chantier et surtout les poudrières. Nous on dormait
dans le bureau en l'attendant. Il a quitté la
carrière en 1965, pour ses 65 ans. A ce
moment-là, la carrière était conduite
par Camille Pernot.
Avant 1963, il n'était
pas pour l'adduction de l'eau car il pensait qu'on allait
nous la faire payer cher...
Les souvenirs de
l'enfance.
Je garde de très bons
souvenirs de mon enfance à Moissey, il n'y avait pas
la télévision, aussi, le soir on était
occupés à des rencontres très
agréables entre voisins, on emmenait nos chaises s'il
le fallait, et on faisait toutes sortes de choses,
raccommodage, épluchages, écossages etc...,
toutes ces tâches qu'on partage sans que ça
fatigue. Maintenant, tout ça a disparu et c'est
vraîment dommage.
Nous habitions un temps en face
de l'institutrice, Madame Guillaume, et nous, les trois
derniers (Gérard, Françoise et moi) nous
avions droit à des attentions particulières,
elle n'avait pas d'enfants, alors elle nous bichonnait. Elle
nous faisait pour Pâques un petit nid avec des oeufs,
dans ses pensées. Régulièrement,
c'est-à-dire tous les jours, nous nous devions
d'aller faire coucou aux vieilles dames comme la Marcelle
Châtelain ou la Thérèse Durot, du
même quartier que le nôtre.
A la maison Petiot, là
où je suis née, je me rappelle
agréablement des vendanges, on nous lavait les pieds
et nous allions fouler le raisin dans les grosses sapines,
chez Ernest Daudy, presqu'en face de chez
nous.
La laiterie, bien sûr je
l'ai bien connue, mais moi, j'étais en pension alors,
je n'allais au lait que quand j'étais là. La
fête au village, les moissons, les vendanges, la
laiterie, c'était bien, mais maintenant, c'est bien
loin et tout a disparu.
1963
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Gisèle Raposo et son mari, Serge Pangrazzi,
maison familiale (AB 91), en 1963. L'oiseau
à vélo est Didier Thomas, né
en 1956.
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l'histoire de
Françoise Raposo (1943)
l'histoire de
Gérard Raposo (1945)
propos recueillis par
Christel Poirrier, à moissey jeudi 15 juillet
2004
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