L'activité de Patrick Chappuis ne fait pas de
bruit à Moissey, mais comme Maître Cornille
le disait "chut, je travaille pour l'exportation".
Seulement Maître Chappuis, lui, ne fait pas
semblant.
Après avoir exercé différentes
activités, Monsieur Chappuis a tenu une boutique
de toilettage canin et d'accessoires hippiques et c'est
tout naturellement qu'il s'est exilé loin de la
ville pour se consacrer, patiemment mais sûrement,
à son activité maintenant favorite, pour
éviter de dire passionnelle, la naissance et le
dressage de chevaux de compétition, branche
"jumping".
La chose a commencé par l'achat, presqu'en
face de Château Neuf, de la petite bergerie
qu'avait montée jadis Jean-Luc Collieux,
frère de René et fils d'Honoré.
C'est avec une patience infinie que Patrick Chappuis
a agrandi l'exploitation, comme le montre nos images,
patience et goût. Chacun qui passe sur la RD 475
n'a pas manqué de voir cette alignée de
boxes avec une sorte de tour qui rappelle les villas
gallo-romaines, qui constitue un élégant
lieu de passage pour traverser le bâtiment. Il fait
tout tout seul quand il sait faire, et à
défaut, il apprend. Le lieu est paradisiaque et on
sent bien qu'il n'y a pas que les chevaux qui sont aux
anges à cet endroit.
Quant à l'activité hippique, c'est
encore elle la plus étonnante. M. Chappuis
décide du poulinage par le choix de
l'étalon et de la jument. L'insémination se
fait à Besançon et pour ce faire, il
conduit sa jument à la ville dans un van
exprès pour ça. C'est le même van qui
emmène, lorsque besoin est, les chevaux chez un
vétérinaire équin qui, lui,
sévit à Dijon. Au moment de mettre bas, la
jument est accueillie dans un box d'accouchement,
accolé à un box de sevrage. Seul
prestataire qui se dérange, c'est le
maréchal-ferrand qui vient tous les deux ou trois
mois, afin de ferrer les chevaux sur place, ce qui est un
avantage psychologique: ces chevaux sont plus que
bichonnés et sont traités mieux que des
millions d'humains dans le monde. Cinq années plus
tard, le cheval est mûr pour entrer en piste.
Au cours de notre première visite, M. Chappuis
a bien insisté sur le fait qu'il était un
éleveur amateur et non pas professionnel. Une
importante raison parmi d'autres est qu'il entend garder
toute sa liberté pour pratiquer son
activité. Il n'est pas dans le rang et sa
qualité première est l'observation et
l'écoute, condition pour que le cheval accueille
son dressage et qu'il ne le subisse jamais. L'idée
de professionnalisme est pour lui un carcan dans lequel
il ne tiendrait pas: on est là entre deux statuts,
celui d'artisan et celui d'artiste.
Résultats des courses, si j'ose dire, un
palmarès dont on a pas idée, dont personne
ne parle au village car personne ne sait. Il nous dit "je
suis bien plus connu sur la scène internationale
que dans mon village"...
Les succès des chevaux issus du hara
Patrick Chappuis
à suivre...
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