En 1660 sont érigés à Pesmes une
forge et un haut fourneau dans cette seigneurerie
sinistrée par la guerre de dix ans; elle a pour
vocation de fabriquer pour les arsenaux des pièces
d'artillerie: bombes, grenades et balles.
Les fers de Pesmes sont très
réputés et sont écoulés sur
le marché lyonnais puis vers l'arsenal de Toulon,
après la conquête française.
Le maître de forges était un personnage
très puissant, de par le grand nombre d'ouvriers
qu'il employait, et par le fait qu'il fabriquait des
armes; une grande rivalité existait avec les
seigneurs locaux, à tel point qu'à une
époque, les ouvriers ne pouvaient plus se rendre
au bourg car ils devaient pour cela traverser les terres
du seigneur!
Les forges sont riches et florissantes jusqu'en 1875,
la maison du maître (le château, construit en
1778) a été transformée, embellie,
des dépendances et des logements ouvriers ont
été bâtis sur place, dans un souci
social qui n'allait pas sans une
arrière-pensée de meilleure qualité
du travail...
Les hauts fourneaux sont démantelés
vers 1880 et l'on se spécialise alors dans la
fabrication de petits outillages, agricole, viticole,
puis d'outillages à main, de très bonne
qualité.
Les conditions de travail y étaient
très dures dans ce local non chauffé, dans
un vacarme assourdissant, et surtout avec des machines
non sécurisées, extrêmement
dangereuses; peu d'accidents furent recensés...
afin de ne pas nuire à la bonne réputation
de l'entreprise; d'anciennes ouvrières
sollicitées par l'office du tourisme pour
témoigner de leur travail aux visiteurs ont
catégoriquement refusé de revenir dans ce
lieu "apocalyptique".
Les risques auxquels étaient exposés
les ouvriers furent sujets à de nombreux
procès, et ont amené l'Inspection du
Travail à fermer l'usine en 1993.
Ce lieu est maintenant la propriété de
la municipalité de Pesmes et de la Région;
il présente un grand intérêt car il a
été transmis en l'état, l'ensemble
des presses et autres machines sont encore en place et le
temps semble s'y être arrêté...
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